Vendredi 27 juin 2008 - Stuttgart
« Léonie a eu la bonne idée de vomir son quatre heures sur mon costard » grogna papa alors qu'on prenait place sur des chaises situées aux premiers rang.
Ma petite soeur de deux ans le regarda en souriant. Lorsque tout le monde fut assis - étudiants, parents, frères et soeurs, grands-parents - le directeur commença à débiter un long discours assez ennuyeux. J'écoutais qu'à moitié, comme si mon cerveau se mettait en veille de temps à autre. Mes parents semblaient absorbés par le speech du directeur mais je savais qu'ils faisaient mine d'écouter pour faire genre ! Mon portable se mit soudainement à vibrer dans mon sac. C'était un message de Bill. Je jetai un rapide coup d'oeil à Marcus : il était absorbé dans son propre portable. Je pressai quelques touches et pû lire le texto : "On viens d'arriver à Barcelone, il fait beau, le concert s'annonce bien!Ta remise de diplome se passe bien ? je t'aime (l)". Je me mis à sourire à moi-même. Je répondis rapidement à son texto avant de reporter mon attention sur la scène. Le directeur avait enfin terminé son discours. Plusieurs de nos professeurs prirent le relais en évoquant tous "ces merveilleuses années qu'ils avaient passé avec nous" alors que certains avaient prit un plaisir sadique à nous refiler des mauvaises notes. Lorsque le dernier eu terminé de parler, on nous annonça que le buffet était ouvert. Les 3/4 de l'assistance se leva d'un bond t se ruèrent vers celui-ci en s'extasiant de la fin des discours. Visiblement, la plupart des gens étaient venus pour manger, pas pour écouter des discours à la con.
« Ca me fait drôle de me dire qu'on ne reviendra plus ici » dit Jasmin avec nostalgie alors qu'on sirotait chacun un coktail. La première gorgée de mon White Lady me rappelai la soirée des NRJ Music Awards à Cannes. C'est ce que j'avais bu le soir où Bill et moi avions fait l'amour pour la première fois.
« Dis donc Sara, ça ne va pas ? demanda Jasmin.
- Hein ? Quoi ?
- On dirait que tu as la tête ailleurs ! Toi aussi, tu es nostalgique ?
- Oui, mentis-je, contente de ne pas avoir à trouver une excuse pour justifier mes états d'âme.
- Ca va vous passer, dit Marcus. Et puis, il y a la fête ce soir !
- D'ailleurs comment fait-on pour y aller ? demanda Jasmin.
- Je passe vous chercher en voiture vers 20 heures si vous voulez ? proposa Marcus.
- Ok, je te rejoindrai chez toi si ça ne te dérange pas ? me demanda Jasmin. Ca évitera à Marcus de faire un grand détour.
- Pas de problèmes, viens pour moins le quart. »
Les divers patisseries et viennoiseries furent engloutit en moins d'une heure par les invités qui quittèrent peu à peu le campus. Je rentrai à la maison avec mes parents et Leonie. J'aidai maman à coucher ma petite soeur puis je me douchai et me préparai pour la soirée : un débardeur noir et un jeans fera l'affaire. Je rassemblai portable, clés, appareil-photo dans mon sac alors que mon père me faisait son habituel sermon : pas trop d'alcool, pas d'embrouilles etc... Toujours la même rengaine ! Jasmin me rejoignit 10 minutes plus tard et je lui proposai d'attendre Marcus sous l'abribus situé près de ma maison. J'en avait marre d'entendre mes parents me dire de faire attention à moi comme si je partais en guerre ! Comme d'habitude, Marcus était en retard.
« Tu as des nouvelles du groupe ? me demanda-t-elle.
- Oui, ils m'envoient des textos de temps en temps.
- Tu comptes les revoir ?
- Peut-être. Mais bon, ce sont des stars, ils n'ont pas du tout le même train de vie que moi avec leurs tournées.
- Je suis sûre que tu pourrais devenir leur photographe officielle !
- Ils en ont déjà un, un certain Christopher. Mais il avait des problèmes familiaux, c'est pour ça que j'ai pu faire ce stage. Ils ont sûrement dû être rêglés depuis le temps...
- Donc en fait, ce n'est pas sûr que vous vous revoyiez ? »
Je détournai la tête, faisant semblant d'être plongé dans la contemplation d'une famille qui se promenait sur le trottoir d'en face. L'idée de ne pas revoir Bill m'était insupportable et j'avais envie d'égorger Jasmin d'avoir pensé ça. Mais elle ignorait que j'étais amoureuse de Bill. Si elle l'apprenait, tous nos amis seraient forcément au courant dans la journée ! La vieille Opel de Marcus pointa son nez au bout de la rue et je me levai aussitôt. Le trajet jusqu'à la salle prit une demi-heure et lorsqu'on y arriva, le parking était plein à craquer. A l'intérieur, c'était encore pire. La foule était tellement compacte qu'il était imossible de danser. Pratiquement tous les étudiants des facs de Stuttgart avaient fait le déplacement pour fêter la fin de l'année. Marcus réussi à nous frayer un chemin jusqu'au bar puis on entreprit de chercher Lukas, Timo et Jan, les membres du groupe de Marcus. Par chance, ils avaient réussi à mobiliser l'une des banquettes de la boite et nous firent de grand signes de mains lorsqu'ils nous virent arriver. La table devant eux croulaient sous des bouteilles en tout genre. Apparement, ils étaient complètement bourrés. Ils nous payèrent des verres sauf à Marcus qui conduisait. Je m'ennuyais avec eux et j'en avais marre : marre de mentir à Marcus, marre de sentir son corps contre le mien, marre de ne pas voir Bill, marre de croupir à Stuttgart. Ce raz-de-bol général m'avait envahit sans que je m'y attende. J'en avais assez de jouer un double-rôle. Il fallait que j'en finisse avec tout ça...
Barcelone
Je répondis que j'étais sûr que tout allait bien se passer avec Marcus même si j'étais certain du contraire. Pendant ce temps, Tom et Georg jouaient l'une des nouvelles mélodies qu'ils avaient composé quelques jours plus tôt. Elle m'inspira mélancolie et nostalgie. J'attrapai mon carnet et gribouillai des phrases sur l'une des pages.
Il a le droit de respirer ton odeur
Il a même droit aux regards qui le rendent plus fort
Mets-moi la chaleur de ta voix dans le coeur
© Kyo - Je Saigne Encore
« Plus que 10 minutes les gars, dit Tobias en revenant dans la pièce. Il est temps d'y aller.
- Oh non » gémit Georg en se levant.
Je posai carnet et crayon et suivit les autres vers la scène. Les hurlements étaient strident mais heureusement que nos écouteurs les étouffaient sinon, je suis sûr que nos oreilles auraient tintées. Gustav nous lança un dernier regard avant de rentrer sur scène. Il était à peine assis derrière sa batterie que les hurlements redoublèrent d'intensité. Le concert se déroula comme d'habitude. Le public était chaud bouillant et malgré quelques hurlements indignés à cause de la set-list en anglais, ce fut l'une de nos meilleures soirées. Avant de quitter la scène, je regardai une dernière fois le ciel étoilé qui s'étendait au-dessus de nos têtes. Tous les membres du staff nous félicitèrent lorsqu'on descendit de scène les uns après les autres. On avait la chance d'être entourés de gens qui ne nous traitaient pas comme des stars avec qui on était en toute confiance : si ils nous disaient qu'ils avaient aimé, on pouvait être sûrs que c'était vrai ! Comme après chaque concert, Tom, Georg, Gustav et moi nous rassemblâmes dans les loges en parlant avidement du concert. Alors que Tom fantasmait sur une fan des premiers rangs, mon portable se remit à vibrer. C'était de nouveau Sara : "Je lui ai dit".
Stuttgart
« Il faut que je te parle, hurlais-je à Marcus dans l'oreille pour couvrir la musique.
- Vas-y !
- Je préfère qu'on aille dehors. »
On se leva de la banquette et on se dirigea tant bien que mal vers la sortie. A l'extérieur, un groupe de mecs entouraient un autre allongé par terre qui vomissait tripes et boyaux avec des gargouillis immondes. Ils riaient grassement en le regardant se vider sur l'asphalte. On s'éloigna d'eux et je m'arrêta au milieu du parking.
« Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- C'est très difficile, Marcus. Tu vas sûrement m'en vouloir mais... »
Je m'arrêtai net. Merde, comment j'alais bien pouvoir lui annoncer ça ?
« Oui ?
- Je crois qu'on ne peut plus continuer...
- Comment ça ?
- J'ai... Je suis avec... Voilà, j'ai rencontré quelqu'un d'autre. »
Un blanc s'installa entre nous. Marcus me fixait, la bouche bée. Il semblait totalement sidéré. Je ne pu supporter plus longtemps son regard et baissai la tête, rouge de honte. Les mains enfoncées dans les poches de mon jeans, j'attendai des reproches. Qui ne vinrent pas.
« Qu'est-ce que tu veux dire par "j'ai rencontré quelqu'un d'autre" ? »
Bon sang mais c'était clair, non ? Je savais qu'il n'allait pas me faciliter les choses mais à ce point, non !
« Ca veut dire que j'aime un autre homme et que je préfère qu'on en reste là.
- C'est qui ? me demanda-t-il d'un ton abrupt.
- Personne, tu ne le connais pas.
- Qui c'est ?
- Tu ne le...
- QUI C'EST ??? »
Je sursautai : il avait hurlé ces derniers mots tellement fort que les vigiles devant l'entrée de la boite située 100 mètres plus loin se retournèrent vers nous. L'un d'eux émit un sifflement qui voulait tout dire : il y a de l'eau dans le gaz ! Je ne pouvais détacher mon regard du visage furibond de Marcus. Lui attendait sa réponse et à chaque seconde qui passait, je sentais sa colère bouilloner de plus en plus.
« Laisse-moi deviner : ne me dit pas que c'est cette tapette ?
- De qui tu parles ?
- Bill Kaulitz !!!
- Je t'interdis de le traiter de tapette !
- Tu n'as pas à m'interdire quoi que ce soit !
- Et toi, tu n'as pas à parler de lui comme ça !
- Tu l'aimes, c'est ça ?
- OUI, JE L'AIME ! hurlais-je. Je n'ai jamais autant aimé un mec avant lui ! Je n'ai rien contre toi mais je ne peux pas retenir les sentiments que j'éprouve pour lui ! Je l'aime et c'est tout ! »
Il se détourna de moi, les mains posées sur les hanches. Il jeta un regard noir aux vigiles qui n'avaient cessé de nous regarder. Aussitôt, ils feignèrent de s'inquièter pour le mec qui dégueulait toujours près de l'entrée.
« Je suis désolée du mal que je te fais mais je ne peux plus continuer comme ça. Un jour ou l'autre, on aurait rompu... Je m'en vais, ça vaut mieux. »
Je me détournai de Marcus et retournai vers la boite afin de chercher mon sac et Jasmin.
« Un problème, ma p'tite ? » lança l'un des vigiles.
Je les ignorai et rentrai à l'intérieur. Jasmin était toujours collé avec Timo. J'eu du mal à les décoller l'un de l'autre mais tant bien que mal, Jasmin me suivit jusqu'à l'extérieur. Par chance, on croisat des amis de promo qui s'en allaient aussi, trouvant l'ambiance déplorable. Ils nous ramenèrent chacun chez nous en voiture. J'entrai à pas de loup chez moi et m'affalai dans mon lit. J'avais fait énormément de mal à Marcus mais je me sentais soulagée. Comme si un poids s'était envolé de mes épaules comme par magie. Il fallait que je le dise à Bill. Il était à peine 23 heures, le concert était sûrement terminé. Je pressai quelques touches sur mon portable : "Je lui ai dit".
Impressions ?
Que pensez-vous de ce début de saison ?
Quelles sont vos hypothèses sur la suite de l'histoire ?
th-is-a-band
thxfictionxgedeihen