Samedi 15 mars 2008 - Berlin
« Bill Kaulitz ? dit-il avec un sourire. C'est à vous. »
Je me leva et fit un signe à Tobias et Sara qui resteraient ici à m'attendre. J'entra dans la pièce et le docteur alla s'installer derrière un bureau en ébène où tronaient fièrement des photos de famille ou du chien. Il me fit signe de prendre place sur les chaises en face de lui.
« Votre manager m'a rapidement faxé votre dossier médical, commença-t-il en tapotant sur un dossier étalé devant lui. Je vois que vous avez eu une laryngite en octobre dernier mais sans gravité. Décrivez-moi vos symptômes. »
Je lui expliqua donc la gène que je ressentais depuis plus d'un mois, m'empêchant de chanter. Il me fixait, les sourcils froncés en prenant quelques notes. Lorsque j'eu terminé de parler, il se leva de sa chaise et fit le tour de la pièce en pleine réflexion. Puis, il revint finalement se rassoir.
« Je vais essayer de vous caler un sanner ce matin. C'est la seule façon de savoir ce que vous avez mais je craint fort que vos cordes vocales soient touchées.
- Et... ça se guérit ?
- Si ce n'est qu'un kyste, il suffit d'une intervention chirugicale. C'est bénin, ça ne dure qu'une heure et généralement, il ne faut que quelques jours d'hospitalisation. Je vais appeler tout de suite la radiologie pour fixer un rendez-vous. »
Il pressa une touche du téléphone puis après quelques secondes, le rendez-vous fut prit.
« Le service de radiologie est au 4ème, dit-il en me tendant un papier. Présentez ce justificatif à l'accueil, vous passerez en priorité. Je vous recontacterai dans des quelques jours afin que je vous donne le résultats de vos examens. Bonne journée.
- Merci, à vous aussi, au revoir. »
Je sorti de la pièce. Sara et Tobias se levèrent d'un bond. Je leur résuma rapidement l'entretient puis ils m'accompagnèrent en radiologie. Par chance, on ne croisa personne sur le chemin. A l'accueil, on m'indiqua une pièce où je devais enfiler une horrible robe d'hopital puis on m'accompagna jusqu'à la salle de scanner. La machine était immense et un peu effrayante. Il faisait assez frais ici et mon corps au contact du métal gelé sur lequel je m'allongeai ne fit que renforcer cette sensation désagréable. Le technicien, assis derrière une baie vitrée d'où il contrôlait la machine, me donna au micro quelques consignes puis il m'annonça le début des examen. La civière sur laquelle j'étais allongé s'enfonça lentement dans à l'intérieur. Ce fut extrèmement long. Un engin passait et repassait au-dessus de ma gorge et je ne devais pas bouger. Au bout d'une demi-heure, je sortis enfin puis après m'être rhabillé, on m'informa que les radios seraient remise au docteur dans la journée et que je serais contacté dans les jours prochain. L'attente allait être longue...
Lundi 17 mars 2008 - Berlin
Le docteur Valcke nous reçu aussitôt lorsque sa secrétaire annonça notre arrivée. On s'assit dans son bureau. Le docteur prit un dossier sur lequel était inscrit le nom de Bill. Il en sortit une radio qu'il accrocha sur un rétro accroché au mur qu'il alluma ensuite.
« Vous voyez cette petite tache blanche ? » demanda-t-il.
Il désigna avec son stylo un petit point blanchatre au bas de la gorge. Bill m'attrapa la main et la serra très fort.
« Oui, répondit-il.
- Ce kyste s'est logé entre les deux membranes de vos cordes vocales. A priori, il n'a commencé à se développer que très récemment.
- Et qu'est-ce vous pouvez faire ?
- On va devoir vous opérer. »
Le visage de Bill blémit.
« Comme je vous l'ai dit la dernière fois, c'est une opération très simple et très rapide.
- Mais, il y a toujours un risque potentiel ? demanda Bill.
- Comme toute opération. Mais je peux vous assurer que tous les patients que j'ai opéré d'un cas semblabe ont retrouvé leur voix après quelques jours. Et après l'opération, vous ne devrez plus parler, ni même rire afin que la cicatrisation soit parfaite. »
Il y eu un blanc. Je jeta un regard furtif à Bill qui m'aggripait toujours la main.
« On prévoit ça pour quand ? » demanda-t-il.
Le docteur feuilleta dans son agenda et finalement l'opération fut programmée pour le 30 mars, soit dans 15 jours. On remercia le docteur puis Tobias nous ramèna chez le groupe. Personne ne parlait dans la voiture. Ce qu'on craignait était iminent. Bien que le docteur fut très rassurant, je ne pouvait m'empêcher d'avoir peur pour Bill. Il avait dit qu'il y avait une part de risque. Et si la malchance s'abattait sur lui ?
Comme l'heure du dîner approchait, on passa au Mac Drive puis on déjeuna en silence à l'appartement. Bill s'enferma dans sa chambre appeler son frère. Il revint et nous annonça que Tom, Georg et Gustav ainsi que David et Dunja rentreraient dès le lendemain. David se chargerait d'apprendre la nouvelle quelques jours plus tard. Je m'avançai vers lui mais il me fit un signe qui voulait tout dire : il désirait être seul. Tobias et moi regardâmes un film à la télévision lorsque un grand fracas retentis quelque part dans l'appartement. Pendant une fraction de seconde, on s'échangea un regard surprit avant de se ruer vers la chambre de Bill. En réalité, il était dans la salle de bain, assis par terre, la tête dans les bras, secoué de sanglots. Sa main avait une profonde entaille et du sang s'écoulait le long de de son bras. Le miroir accroché au-dessus du lavabo avait été fracassé et des dizaines de morceaux de verres se mêlaient à l'hémoglobine.
« Je... je m'en occupe. » dis-je en me retournant vers Tobias.
Il lança un dernier regard accablé à Bill avant de sortir de la pièce en refermant la porte. Je m'accroupis près de Bill et lui posa une main sur l'épaule. Il releva la tête. Son visage était baigné de larmes et son maquillage avait coulé, laissant des sillons noirs le longs de ses joues.
« C'est la seule chose que je sais faire, la seule.
- Je comprend Bill mais...
- Si je ne retrouve pas ma voix après l'opération, s'en sera terminé de Tokio Hotel et tout ce qu'on aura vécu ne sera plus qu'un rêve !
- Tu as entendu ce qu'à dit le docteur ? Tous les patients qu'il a opéré ont retrouvé leur voix après quelques jours !
- Il a aussi dit qu'il y avait un risque !
- Bill, il te l'aurais si tu ne pourrai pas guérir après cette opération ! Il est conscient que c'est très important pour toi, le groupe et que la musique c'est toute votre vie ! Je suis sûr que ce n'est pas cette opération qui va vous empêcher de continuer votre passion et de remplir des stades entiers ! Tokio Hotel ne peut pas s'arrêter maintenant, j'en suis convaincue ! »
Bill me fixa intensément tandis que j'attrapais une serviette pour nettoyer sa plaie. Celle-ci n'avait pas l'air très grave.
« Je sais que les jours qui vont suivre l'opération ne vont pas être tout rose pour toi mais il faut te battre et ne pas te laisser aller au désarroi ! Je suis sûre qu'en mai, on reprendra cette foutue tournée tous ensemble ! »
Il s'essuya le visage de sa main valide et je lui banda la main avec une bande adhésive.
« Allez, lève-toi, tu vas encore te blesser avec les débris de verres si tu restes ici... »
Je lui tendis la main pour l'aider à se lever puis je l'accompagnai à sa chambre. On fut à peine entré à l'intérieur qu'il me prit brusquement par la taille et m'embrassa longuement.
« Merci, dit-il après qu'on se soit séparés.
- De quoi ?
- Pour tout. D'être là, de me motiver, de faire que chaque jour à tes côtés vaut la peine d'être vécu. »
Je le regarda bouche-bée. Lui me faisait son plus beau des sourires.
« Quoi ? demanda-t-il avec inquiétude.
- C'est la première fois qu'on me dit un truc pareil. »
Son sourire s'élargit encore plus puis il me donna un autre baiser. Puis, on s'allongea sur le lit en se tenant enlacés l'un dans l'autre. Bill ne tarda pas à s'endormir. Moi, je n'y arrivais pas, la phrase de Bill ne cessait de se répercuter en échos dans ma tête : « Chaque jour à tes côtés vaut la peine d'être vécu. »
Dimanche 30 mars 2008 - Berlin
« Bon courage, frangin, on se retrouve à la sortie » me chuchota Tom.
Et il fit quelque chose qui ne faisait jamais en temps normal : il me fit une bise. Je lui attrapai la main et la serra très fort, battant des paupières pour refouler les larmes qui me montaient aux yeux. Puis, il la lâcha et recula. Sara se pencha à son tour et m'embrassa furtivement, gênée par les infirmières qui nous fixaient intensément.
« Ca va bien se passer, dit-elle. Je t'aime.
- Je t'aime. »
Une infirmière lui posa une main sur l'épaule avec un sourire qui signifiait qu'il était temps de me laisser. Elle me déposa un dernier baiser sur les lèvres puis l'infirmière poussa la civière vers le bloc. Je regarda Tom et Sara jusqu'à ce que les portes se referment sur eux. On entra dans une autre pièce toute blanche au centre duquel se trouvait une table en acier et plusieurs machines. On m'allongea dessus puis le docteur, vêtu d'une grande blouse, de gants et d'un masque lui couvrant la moitié du visage, arriva à son tour.
« Vous aimez Nena je crois, non ?
- Euh oui, comment vous le savez ?
- Ma fille est fan de votre groupe ! Mais ne vous inquiétez pas, elle ne sait pas que je vous opère.
- Pourquoi vous... »
Mais avant que je puisse finir ma phrase, une chanson familière se fit entendre : c'était 99 Luftbalons ! S'ils avaient voulu me détendre, c'était en partie réussi ! Mais je me crispa aussitôt lorsqu'une aide-soignate arriva avec un chariot où étaient posé des dizaines d'instruments plus ou moins effrayants. Puis elle s'approcha de moi avec un masque en chantonnant au rythme de la chanson.
« Quand je vous aurez mis le masque, vous allez compter jusqu'à 10 jusqu'à ce que l'anesthésie fasse son effet, dit-elle.
- Ok. »
Elle me l'enfila avec des gestes précautionneux puis elle se tourna vers la machine à laquelle le masque était relié et tourna lentement une valve. Aussitôt, je sentis un filet d'air frais remplir mon masque.
La salle d'opération commença à vaciller devant mes yeux tendis qu'une fatigue extrème envahissait peu à peu mon corps.
Auf ihrem Weg zum Horizont
Denkst du vielleicht g' rad an mich
Dann singe ich ein Lied fur dich
Von 99 Luftballons
99 Luftballons
« Trois... ».
Impressions ?
Désolée de la qualité pas tip-top - pour ne pas dire médiocre - de ce chapitre mais je sors d'une semaine de grippe et j'ai pas voulu vous faire attendre plus longtemps. Je vous promets de faire mieux la prochaine fois !
Je tiens à préciser que le nom du médecin de Bill est totalement inventé (trouvé dans un annuaire téléphonique =D).
Et j'espère que les scène qui se déroulent au scanner ou dans le bloc vous ont paru crédible,
je n'ai jamais été hospitalisé de toute ma vie.
Et avant de partir, regardez cette magnifique vidéo (si vous ne chialez pas, vous avez un sérieux problème)
Voici le lien vers ma nouvelle fiction !
thxfictionxgedeihen