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Kapitel zwanzig

Kapitel zwanzig
/!\ Attention, ce chapitre contient des scènes de sexe /!\


Mardi 4 mars 2008 - Environs de Berlin

__PDV Bill__

Assis dans l'herbe, je gribouillais sur un cahier, cherchant l'inspiration qui ne vint pas. Les rayons du soleil carressaient ma peau alors qu'une abeille butinait une fleur tout près de moi. On était encore en hiver mais le temps était digne d'un mois de mai. Gustav en avait profité pour aller faire son jogging dans la forêt tout près de la maison. Quant à Tom et Georg, ils devaient sûrement encore dormir. Six jours s'étaient écoulés depuis la fin de la tournée et ils m'avaient semblés extrèmement longs. Quoi que je fasse, mes pensées se tournaient toujours vers Sara. A chaque heure de la journée, je me demandais ce qu'elle faisait et si elle pensait à moi, surtout après ce premier baiser. Mais comme on avait complètement oubliés de s'échanger nos numéros de téléphone, je n'avais eu aucune nouvelle.
La porte de la véranda coulissa derrière moi et Tom sortit dans le jardin d'une démarche incertaine, l'air endormi.
« Ca va ? me demanda-t-il après s'être assis à côté de moi.
- Ca va, mentis-je. Et toi ?
- Ca va. Quoi que je n'ai pas passé la meilleure nuit de ma vie...
- Tu parles de la fille que tu as ramené hier soir ? »
Tom approuva d'un signe de tête et mit les lunettes de soleil qu'il réservait aux lendemains de fête. Georg et lui avaient prit l'habitude de fréquenter tous les soirs les boites branchées de Berlin. Et chaque soir, ou presque, une fille différente atterissait dans leur lit.
« T'as de l'inspiration on dirait... » dit-il après un long silence. Il désigna de la main mon cahier noirci par des dizaines d'ébauches de chansons. Je lui tendis afin qu'il lise les derniers vers que je venais d'écrire.

Et je saigne encore, je souris à la mort
Tout ce rouge sur mon corps
Je te blesse dans un dernier effort
Je sais que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort
Mais moi, je suis déjà mort.

© Kyo - Je Saigne Encore

« Eh bé ! lança-t-il en relevant les yeux du cahier.
- Quoi ?
- C'est déprimant... marmona-t-il.
- T'aimes pas ?
- Si, c'est super comme tous tes textes mais bon...
- Mais quoi ?
- Faudrait éviter que le prochain album soit badant.
- Et pourquoi pas ? »
Il se retourna vers moi et me regarda derrière ses lunettes noires.
« T'as vraiment envie que nos fans se pendent en l'écoutant ? »
On éclata de rire avant de redevenir silencieux. Des oiseaux gazouillaient dans un arbre tout proche et le chat du voisin traversait le fond de notre jardin avant de disparaitre derrière un buisson.
« Tu penses à elle ?
- Qui ça, elle ?
- Prends-moi pour un con !
Il me regarda par dessus ses lunettes, se retenant de rire.
« Votre baiser était très... »
Il s'arrêta, semblant chercher le mot qui conviendrai le mieux.
« ... révélateur. »
Il me fit un sourire pervers qu'il réservait généralement aux fans pendant les concerts.
« Comment vous allez faire ? reprit-il. Vu qu'elle à déjà un copain...
- Je ne sais pas, elle l'a peut-être plaqué.
- Et si ce n'est pas le cas ?
- J'en sais rien moi ! »
Ma fureur était venue d'un seul coup. Tom me fixa d'un air qui signifiait qu'il ne s'étonnait pas de me voir réagir ainsi. Il se contenta de hocher la tête puis il s'allongea dans l'herbe. Moi je cogitais : Tom avait posé à haute voix toutes les questions qui m'avaient tiraillées ces derniers jours. Mais qu'il ne s'avise pas de me faire la morale alors qu'il était incapable de rester plus de deux jours avec la même fille !
Au même instant, Gustav émergea d'un bosquet, non loin de celui où avait disparu le chat puis se dirigea vers nous en petites foulées.
« Déjà debout ? lança-t-il à Tom lorsqu'il s'arrêta près de nous, le visage dégoulinant de sueur.
- L'avenir appartient à ceux qui se lève tôt ! » renchérit Tom avec un grand sourire.
On éclata de rire : il était 17 heures passées. Gustav se pencha vers mon carnet avec intérêt.
« Tu as écrit d'autres paroles ?
- Sors ton mouchoir avant de les lire, lança Tom.
- Pourquoi ? demanda Gustav alors que je jetais un regard noir à mon frère.
- Lis, tu verra ! »
Il y eu un silence pendant que Gustav lisait.
« Pas mal mais déprimant.
- Qu'est-ce que je t'avais dis ?!
- Bon, je me douche et on bosse un peu, ok ?
- Pas de problèmes, on te rejoint en bas. »
Notre maison comportait un petit studio au sous-sol où l'on y enregistrait nos maquettes de chansons. Mais nos albums s'enregistraient toujours dans un autre studio, beaucoup plus grand, situé dans la banlieue de Berlin. Je refermai mon cahier puis je suivis mon frère jusqu'au studio. Georg y jouait une nouvelle mélodie, dans la veine de Ich Brech Aus.. Penché sur sa basse, il était très concentré sur ses accords et ne nous avait pas entendu entrer. Tom fit claquer la porte avec violence, le faisant sursauter.
« Ah enfin ! s'exclama-t-il en relevant la tête. Je me demandais ce que vous faisiez ! Ecoutez-moi un peu ça ! »
Il rejoua sa mélodie
« Bon sang, Georg, c'est toi qui a trouvé ça ? s'écria Tom en attrapant l'une de ses Gibson.
- Et ouais ! dit-il avec fierté.
- Attend, rejoue-là, il faut absolument qu'on ponde une chanson avec ça ! »
Ils passèrent plus d'un quart d'heure à la jouer indéfiniment tandis que je retravaillais mes paroles, certaines collant parfaitement avec le morceau de Georg. Gustav revint avec un plat de Lasagnes et 4 asiettes et comme tous les jours, on resta confiné dans le studio à travailler nos chansons jusqu'à pas d'heures. Mais celle-ci fut particulière : grisés par le morceau de Georg, on composa énormément. On enregistra une première version de la chanson qu'on envoya aussitôt par mail à David. On passa ensuite une bonne partie de la nuit à se remémorer le passé en buvant des bières. J'adorais passer ces moments d'intimités avec eux, on en faisait que trop rarement à cause de notre emploi du temps de ministre. Rien ne valait une bonne soirée toute simple avec bières et pizzas comparée aux fêtes branchées et souvent ennuyeuses. Ca nous permettait de décompresser et aussi de redescendre un peu sur Terre.
Il était un peu plus de 5 heures lorsqu'on monta se coucher. Je me glissa dans les draps le coeur un peu plus léger que dans l'après-midi : plus qu'une journée à attendre le retour de Sara...


Jeudi 6 mars 2008 - Environs de Berlin

« Putain, Bill ! Tu ne peux pas rester tranquille, non ?! » s'écria Georg.
J'arrêta aussitôt de pianoter avec mes doigts sur la couette de Gustav. Dès qu'on se levait, on avait prit l'habitude de se mater un film dans l'une de nos chambres. Aujourd'hui, on regardait Independance Day. David, Dunja et Tobias étaient arrivés la veille et nous avaient expliqué longuement le programme des semaines à venir. Ce dernier était parti à Berlin quelques minutes auparavant afin d'aller chercher Sara.
Tom, Georg et Gustav me lancèrent un regard noir avant de reporter leur attention sur la télévision. Will Smith regardait avec horreur un gigantesque vaisseau en vol stationnaire au-dessus de Los Angeles. Mon regard se dirigea une nouvelle fois vers la pendule : il était un peu plus de 15 heures. Sara était dans l'avion pour Berlin. Dans deux heures, elle serait ici.
« Vous en avez pas marre de ce film ? dis-je au bout d'une demi-heure. C'est la au moins la dizième fois qu'on le regarde ! »
Aucun d'eux ne répondirent, absorbés par la négociation entre le président des Etats-Unis et un extraterrestre visqueux ressemblant à un poulpe géant. Quelques minutes plus tard, ce dernier se fit abattre par les gardes du corps du chef d'Etat en poussant des hurlements suraigues.
« Bien fait pour sa gueule ! commenta Gustav.
- Bon je descend. » dis-je en me levant.
Tom leva la main pour me faire signe de me taire alors que la caméra zoomait sur l'alien étalé par terre au milieu de débris de verre.
« Ca va, tu sais bien qu'il est mort ce foutu ET ! m'écriais-je avec colère.
- T'es chiant aussi ! répliqua Tom. On sait très bien que tu es impatient de revoir Sara mais ce n'est pas une raison pour nous empêcher de regarder le film !
- Mais je ne...
- Oh, fermez-la un peu tous les deux ! s'exclama Georg. Allez vous engueuler ailleurs ! »
Tom me fit un regard appuyé signifiant qu'il voulait me voir dégager au plus vite. Je sortis de la pièce en claquant la porte.
« Ca ne va pas ? demanda Dunja lorsque je le rejoins au salon. Comme à son habitude, elle était penchée au-dessu d'un ordinateur portable, en train de planifer notre emploi du temps de la semaine à venir.
- Rien, on s'est prit la tête avec Tom... »
Elle ne fit aucun commentaire. Contrairement à David, ce n'était pas son genre de se mêler aux embrouilles.
« Où est David ?
- Il est parti faire accorder les guitares de Georg et de ton frère. »
J'alluma la télé et m'arrêta de zapper sur un feuilleton débile.
« Comment va ta voix ? me demanda-t-elle subitement après un long moment de silence.
- J'ai un peu mal mais c'est supportable. »
Je lui fis un sourire crispé pour répondre à son regard pénétrant. Depuis 3 semaines, je ressentais une gène au niveau de mes cordes vocales et j'avais très souvent des laryngites mais encore pire qu'en Octobre, où l'on avait dû annuler des dates. Mais cette fois-ci, j'en avais parlé à personne à part à Dunja. Je savais qu'elle ne me dirait rien et que c'était à moi de prendre la décision de m'arrêter pour un temps. Tom et Georg, tels que je les connaissais, auraient insisté pour que je repose ma voix jusqu'à ce que je leur obéisse. Gustav, quant à lui, aurait eu la même attitude que Dunja. Mais au fond de moi, j'étais convaincu que ça allait s'arranger.
Soudain, un klaxon de voiture m'interrompit dans mes réflexions. Puis la voix de Tobias se fit entendre :
« Les gars ! Sara est arrivée ! »

__PDV Sara__

Bill s'était jeté dans mes bras et me serrait très fort. Son parfum emplit mes narines. Je ressera mon étreinte autour de sa taille. Que c'était bon d'être enfin dans ses bras.
« Bill, laisse lui un peu d'air ! » plaisanta Tobias au bout d'un moment.
Bill me lâcha aussitôt puis il attrapa mes valises et m'entraina à l'intérieur. On pénétra dans un grand salon. Sur la gauche, se trouvait une grande table en bois et sur la droite, des sofas en cuirs noir entourant un gigantesque écran plasma. Dunja était assise dans l'un des fauteuils , un Mac sur les genous. Elle se leva aussitôt et vint me faire la bise. Au même moment, Tom, Georg et Gustav descendirent l'escalier en face de la porte. Ils me firent de grands sourires lorsqu'ils me virent.
« Tu as peut-être faim ? dit aussitôt Gustav lorsqu'ils m'eurent fait la bise à leur tour. J'ai fait un gâteau au chocolat, à manger avec de la crème anglaise...
- De la quoi ?
- C'est français, répondit-il en se dirigeant vers la cuisine. Ca se fait avec des oeufs, c'est super bon, tu verra !
- Vous nous aidez à monter ses affaires ? » demanda Tobias à Tom et Georg.

Bill et les autres disparurent dans les étages, portant tant bien que mal mes énormes valises. Dunja était retournée à ses occupations, j'allai donc rejoindre Gustav à la cuisine et l'aida à mettre la table. Puis, il sortit un immense gateau ainsi qu'un plat contenant une crème jaunatre.
« Vous avez fait quoi pendant ces 15 jours ?
- On a passé les premiers jours à dormir toute la journée ! Et puis, on a pas mal composé ! Bill avait une inspiration dingue, c'était hallucinant ! D'ailleurs, il faut que je te parle de lui... »
Il passa la tête par l'embrasure de la porte pour vérifier si personne ne venait. Il n'y avait que Dunja dans le salon et les bruits étouffés au-dessus de nos têtes nous indiquaient que les autres étaient toujours en haut. Gustav se retourna vers moi avec un air grave qui ne me disait rien qui vaille. Allait-il me demander pour moi et Marcus ?
« Qu'est-ce qui se passe ? demandais-je en essayant d'avoir un ton le plus neutre possible.
- Il a un problème...
- Quel genre de problème ?
- Un problème qui risque de l'handicaper à vie si il n'y prend pas garde : sa voix.
- Qu'est-ce qu'elle a ?
- Il est très souvent malade ces temps-ci, il enchaine laryngite sur laryngite et sa voix en pâtit.
- A ton avis c'est grave ?
- Plus grave que la dernière fois.
- La dernière fois ?
- Tu n'en a pas entendu parlé ?
- Gus', je te rappelle que je me foutais royalement de votre groupe avant ! »
Il éclata de rire en voyant mon sourire moqueur mais son visage redevint vite sombre.
« En octobre, on a dû annuler deux dates en France à Marseille et Montpellier car il avait eu une exctinction de voix. Les médecins avaient dit que c'était bénin. Mais voilà qu'aujourd'hui ça recommence mais en pire.
- Et les autres, ils ont remarqué quelque chose ?
- Je ne crois pas. Si c'était le cas, ils l'auraient emmerdé jusqu'à ce qu'il aille se faire soigner. Et Bill déteste qu'on lui dise ce qu'il doit faire, même si c'est pour son bien. Mais il sait bien le cacher. Plus d'une fois, je l'ai entendu avoir des quintes de toux la nuit, ma chambre est juste à côté de la sienne.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Ba, j'ai pensé à toi. Peut-être que toi il t'écoutera vu que... »
Il s'arrêta et me fit un sourire timide.
« Mais si il ne vous écoute pas, alors qu'il vous connait depuis longtemps, pourquoi le ferait-il avec moi ? »
Le bruit caractéristique d'une personne qui dévale un escalier se fit entendre et Gustav me fourra aussitôt 8 assiettes à dessert dans les bras. Je sortis les mettre sur la table au moment où Bill, Tom, Georg et Tobias débarquaient dans la pièce. On s'installa tous autour de la table en parlant joyeusement. David ne tarda de revenir avec deux étuis à guitares.
« Prenez-en mieux soin à la prochaine tournée, dit-il en les donnant à Tom et Georg.
- Oui, maman ! répondirent-ils avec un ton sarcastique avant de descendre les rangers au sous-sol.
- Comment vas-tu ? me demanda-t-il après qu'on se soit fait la bise. Prête pour une nouvelle tournée ?
- Oui, je suis impatiente de partir ! On va visiter quelles villes ?
- Lisbonne, Madrid, Paris, Marseille, Montpellier, Rome, Copenhague, Stockholm, Oslo et beaucoup d'autres. Tout ça sur une vingtaine de dates !
- Cool !
- Qu'est-ce que tu nous as fait de bon ? » s'exclama-t-il en prenant l'assiette dégoulinante de crème que lui tendait Gustav.
On gouta tous le gâteau : il se révèlà délicieux avec la crème. Personne ne parla pendant quelques minutes et on entendis que les bruits de mastiquations et les cliquetis des couverts. Le ventre lourd, on s'affala dans les canapés du salon. Tandis que les autres terminaient de regarder Independance Day, Bill me fit visiter la maison puis il m'entraina au sous-sol où se trouvait un mini studio d'enregistrement. Des dizaines de guitares et de basses étaient suspendues aux murs, au fond de la pièce, se trouvait une batterie et plusieurs percussions. Sur l'un des tabourets, je trouva un petit carnet noir.
« C'est à toi ? demandais-je.
- Oui, c'est là que j'écris mes idées de chansons.
- Je peux lire ? »
Il acquiesça. Je l'ouvris à la première page et survola les dizaines de poèmes gribouillés. Je lu quelques paroles qui plus tard avaient formé 1000 Meere et Geh. Les dernières pages contenaient des vers assez sombres. Je regarda les dates : Bill les avaient écrites pendant mon abscence. Il avait remarqué que je m'étais arrêté là et il me prit doucement le carnet des mains. Il s'approcha de moi et m'embrassa longuement. Puis il se détacha et colla son front contre le mien.
« Tu m'as beaucoup manqué, tu sais... murmura-t-il.
- Toi aussi.
- Bill ? Sara ? Vous êtes là ? »
La voix de son frère jumeau nous parvint de la porte qu'on avait laissée ouverte. Puis une silhouette avec un T-shirt tombant au milieu d'un baggy apparu au fur et à mesure que Tom descendait l'escalier étroit qui menait au studio.
« Désolé de vous déranger les amoureux, dit-il d'un ton désinvolte en rentrant dans la pièce comme si de rien était. Ca vous dit un resto ce soir ?
- Euh... commença Bill.
- Non, on préfère rester ici, répondis-jeavec un sourire.
- Ok, dit Tom avec dédain. Je vous laisse alors. »
Il commença à monter les marches mais il s'arrêta soudainement.
« Bill, j'ai un bon stock de préservatifs dans le premier tiroir de ma commode...
- Merci Tom mais ça ira !
- Ils sont sous mes caleçons, au cas où...
- Merci ! »
Et je lui referma la porte au nez pour faire taire son rire moqueur.

« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas venir ? demanda Georg un peu plus tard en passant devant la chambre de Bill.
- Non, on aura le temps de s'en faire un sur la tournée ! répondis-je alors que je feignais de m'installer.
- Comme vous voulez, bonne soirée ! »
Il enfila son sweat à capuche et sortit de la pièce. On pensait être enfin seuls quand Tom passa sa tête par l'embrasure de la porte.
« N'oublie pas : premier tiroir sous les caleçons ! »
Il éclata d'un grand rire avant de partir rejoindre les autres. Quelques secondes plus tard, on entendis la porte d'entrée se refermer.
Je m'apprètais à dire "Enfin seuls !" lorsque ses lèvres attrapèrent les miennes et il me poussa brutalement contre le mur, de tout son corps. Son baiser était maladroit et sous la surprise, je restai statique, incapable d'apprécier son contact ou de lui répondre. Il se décolla de moi, reprenant son souffle et me laissant reprendre le mien. Nos regards restèrent accrochés l'un à l'autre, et c'était comme si je pouvais lire dans ses pensées. Je m'approchai sans que mon regard ne puisse se décrocher du sien. Lorsque nos visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, je le vis baisser les yeux pour regarder mes lèvres avant de me fixer du regard à nouveau. En guise de réponse aux questions qu'il ne m'avait pas posées, je l'embrassai à mon tour. J'avais fini par oublier le goût de ses lèvres, et cette sensation d'être dans ses bras, mais tout me revint en un instant. Il me poussa à nouveau contre le mur et répondit vigoureusement à mon baisé. Sa bouche se scellait à la mienne comme si elles étaient faites pour être unies. Sa langue chaude et douce caressait ma lèvre jusqu'à ce que je l'invite à entrer. Je passai mes bras autour de son cou et ma main dans sa nuque pour me sentir plus proche de lui et m'assurer que je n'étais pas en train de rêver. Les sensations de sa langue jouant avec la mienne, de son corps chaud contre le mien glacé, de son souffle haletant sur mes joues rougies de désir, me le confirmèrent.
Ses mains glissèrent sous mon T-shirt qu'il enleva aussitôt. J'en fit de même et il n'avait pas encore touché le sol, que ses lèvres s'empressèrent de retrouver leur chemin jusqu'aux miennes. Je passai mes bras autour de sa taille et remontai mes mains dans son dos, sur sa peau nue, appréciant les courbures de son ossature. J'enleva rapidement mon jeans sans détacher mes lèvres des siennes. Je sentai sa virilité faire pression contre mon bas ventre, et j'étais flattée d'avoir un tel effet sur lui. Il remonta ses mains de mes fesses vers mes hanches et remontait encore. Je détachai sa ceinture puis déboutonna son pantalon qui glissa le long de ses jambes.
Ma poitrine mise à nue entrait en contact avec son torse. Une décharge d'adrénaline m'envahit. J'adorais son contact, j'adorais son touché et j'avais tellement envie de lui. Toute pensée rationnelle m'avaient abandonnée depuis bien longtemps. J'en voulais plus, je le voulais entièrement et tout de suite. Je posais ma main sur la bosse qui s'était formée dans son caleçon et encerclais doucement son organe de mes doigts au-dessus du tissu. Sa respiration changea de rythme presque immédiatement. Je le caressai et j'y prenais presque autant de plaisir que lui. Puis je remis mes bras autour de son cou pour l'enlacer à nouveau. Il fit glisser ses mains sous mes cuisses pour me soulever du sol, sans peine. Je m'accrochais à lui, il nous décolla du mur et fit quelques pas avant de me poser gentiment sur la banquette et de s'allonger sur moi. Il fit courir ses mains sur mon corps puis il brisa notre baiser.
Du bout de sa langue, il visitait mon cou, puis mon épaule et descendait encore, me faisant frémir juste à penser à sa prochaine escale. Quand sa langue arriva sur la pointe de mon sein, une gémissement échappa mes lèvres. Il releva les yeux vers moi avec un sourire - sa langue toujours sur ma peau -, visiblement satisfait de l'effet qu'il avait sur moi. Ses lèvres entourèrent mon téton et il se mit à le titiller avec application. Mon autre sein aurait bien pu être jaloux du premier, mais la main droite de Bill vint équilibrer les choses, s'en occupant avec tout autant d'application que le premier. Mon corps était traversé d'ondes délicieuses qui se propageaient de ma poitrine à mon bas ventre, et vis-versa, comme si chaque partie communiquait avec l'autre. Ma respiration était haletante et je remerciais le ciel de m'avoir doté d'un corps capable de ressentir des sensations si agréables.
Sa main droite abandonna ma poitrine, et pendant une seconde je le regrettai presque. Pendant la seconde qui me fallut pour comprendre qu'elle allait descendre plus bas et que je n'allais pas être désavantagée au change. Sa main que j'avais appris à aimer comme si elle était dotée d'une existence propre se promenait donc sur mon ventre, avant de se glisser dans le dernier vêtement qu'il me restait. Ses doigts trouvèrent aisément leur chemin jusqu'à la petite partie qui avait tant dialogué avec ses deux amies, un peu plus haut dans mon anatomie. J'écartai un peu plus les jambes, pour lui faciliter l'accès, pour lui faire comprendre qu'il était au bon endroit et pour l'encourager à continuer. Il bougea ses doigts doucement contre mon intimité, puis il les retira. Je rouvris les yeux, choquée qu'il ait osé ne pas continuer ses caresses qui n'auraient pas tardé à me faire voir les étoiles. Je relevai la tête pour voir ce qu'il faisait, j'étais complètement frustrée à cet instant. Il se mit à rire doucement mais gentiment en voyant mon expression. Il jouait avec moi, et il savait exactement ce qu'il faisait.
Sa bouche abandonna mon sein, et il fit courir sa langue humide et toujours aussi chaude sur mon ventre. Je le regardais descendre doucement, tout en me mordant la lèvre. Il se décolla un peu de moi. Il attrapa l'élastique de mon slip et le fit glisser sur mes hanches et le long de mes jambes pour m'en débarrasser. J'avais le souffle coupé juste à le regarder faire et à imaginer la suite. Il revint vers moi, et passa à nouveau ses doigts sur mon intimité avant de se mettre à genoux devant la banquette et de me tirer vers lui jusqu'à ce que j'arrive au bout de celle-ci et que son visage ne soit plus qu'à quelques centimètres de mon sexe. Mon coeur s'arrêta de battre une seconde et la terre de tourner. Il posa son regard sur moi, avant de me goûter. Je me rallongeai complètement et fermai les yeux pour ne plus être image, mais juste sensation. Sa langue glissait doucement sur mon organe rendu si sensible et si réactif à toute caresse. Mon dos se cambra naturellement. Ses mains trouvèrent leur place sur mes cuisses. Ma respiration devenait difficile car toutes les ressources de mon organisme ne se concentraient plus que sur une seule et unique chose. Le plaisir. Tout, ne se résumait plus qu'à ça. Je n'étais plus que ça. Et le monde pouvait bien cesser d'être, plus rien d'autre ne m'importait que cette sensation, qu'elle dure et qu'elle se conclut par ce que j'attendais. Mais il s'arrêta.
« Quoi ? demandais-je en haletant comme si j'avais couru un marathon.
- J'ai pas de préservatif, dit-il le souffle court.
- Premier tiroir sous les caleçons... »
Il se précipita hors de la pièce et revint quelques secondes plus tard, une petite pochette rouge vif à la main.
« A la fraise, ça ira ? »
Il revint sur moi rapidement. Ses lèvres attrapèrent les miennes au passage, elles finissaient par bien se connaître et ne faisaient plus de politesse. Il se rallongea sur moi et ses mains me parcouraient à nouveau. Il retira caleçon pour se retrouver dans le plus simple appareil. Il remit ses mains sur mes seins et en taquinait la pointe avec ses doigts. Un frisson me parcouru et un gémissement échappa mes lèvres toujours collées aux siennes. Il était doué. Il savait répondre et même anticiper chacune des demandes que je n'aurais même osées formuler.
Trop focalisée sur ce qu'il était en train de me faire, je ne le vis pas enfiler la petite protection de plastique. C'est en le sentant s'enfoncer doucement en moi, de toute sa longueur, que je pris conscience qu'il était en train de me prendre. Il décolla ses lèvres des miennes et s'appliqua à me pénétrer doucement. Je rouvris les yeux, je ne voulais pas manquer le spectacle. Il avait les yeux fermés et un expression de concentration intense. Je mis ma main sur son visage et il ouvrit les yeux à mon touché. Son corps allait et venait sur le mien, et nos regards restèrent accrochés l'un à l'autre. Je n'avais pas l'impression d'être juste une fille qu'il était en train de se taper, une fille parmi toutes les autres... et il n'était pas non plus juste un mec canon avec lequel j'étais en train de tromper mon copain. C'était tellement plus que ça. Mais ni lui, ni moi, n'aurions admis que c'était juste physique, rien de plus. Seulement dans son regard à cet instant, je sus qu'on était fait pour être ensemble, tel nos deux corps qui ne faisaient qu'un à présent. Et il devait lire en moi comme je lisais en lui.
Il se décolla de moi pour bouger avec plus d'aisance, une expression de plaisir sur son visage. Il respirait fort et allait toujours plus vite. Je sentis mon organe se contracter autour du sien et une vague de plaisir m'envahir de toute part, me submergeant d'une jouissance physique et mental. Il continua encore une seconde, avant de se répandre en moi et de pousser un long gémissement. Il rouvrit les yeux et m'embrassa encore une fois, tout en reprenant son souffle et ses esprits. Il décolla ses lèvres des miennes, mais posa son front contre le mien une seconde encore, pour récupérer ses forces. Puis il se retira de moi, prenant ses précautions. Il se leva ensuite pour jeter le bout de plastique avant de s'affaler lourdement dans le lit à côté de moi.
« C'était mieux que quand on était bourrés ! » dit-il en me rapprochant de lui. Je lui fis un sourire puis je posa ma tête sur sa poitrine. Le silence me pesait, et je commençais à réfléchir. Mon cerveau c'était mis sur "off" pendant cette escapade mais maintenant je gambergeais énormément. Je pensa à Marcus qui m'avait soufflé un "Je t'aime" dans l'oreille le matin même.
Ce qu'on venait de faire était à la fois le meilleur et le pire. Mais j'étais la seule à le savoir... pour l'instant.


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Bonne année à vous tous !
J'espère que vous avez passé un bon réveillon !

Impressions ?
Désolée, j'ai pris un peu plus de temps à l'écrire mais ce n'était pas facile entre les révisions (j'ai un Bac blanc à la rentrée) !
Mais je vous ai offert un vrai lemon cette fois, j'espère que vous ne l'avez pas trouvé trop long !

Voici le lien vers ma nouvelle fiction !
thxfictionxgedeihen


# Posté le samedi 27 décembre 2008 07:10

Modifié le mercredi 18 février 2009 08:26

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