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Kapitel achtzehn

Kapitel achtzehn
Mardi 3 février 2008 - Paris

__PDV Bill__

Dans notre loge, une demi-douzaine de fans se faisaient prendre en photo avec nous à tour de rôle. J'ai toujours détesté les Meet & Greet. Pas sympa pour nos fans ? Peut-être. Mais imaginez vous en train de marcher dans la rue tranquillement et soudain, un inconnu vient vous parler comme si il vous connaissait personnellement. Ou pire : une femme à la poitrine proéminente vous demande de dédicacer chacun de ses nichons ! Vous réagiriez comment ? Pour nous, c'est pareil. Je sais que ces filles, qui ont gagné un quelconque concours, vivent le rêve de leur vie. Mais en 2 ans, je n'ai jamais réussi à m'y habituer. J'échangea un regard avec Gustav. Pas besoin de se parler, je savais qu'il pensait exactement la même chose que moi.
La dernière admiratrice se plaça entre Tom et moi. Je ne fus pas surprit de voir mon frère et Georg lancer un regard furtif à sa poitrine qui était en partie dévoilée grâce à un décolleté exhubérant. Eux, ils adoraient ça, car généralement, il ramenait une de ces fans dans leur lit après le concert. Je me força à sourire pour la photo mais le coeur n'y était pas. Si j'avais pu, je serais resté auprès de Sara. La pauvre devait s'ennuyer à mourir à l'hôtel.
« Merci pour tout ! nous dirent les fans avant que Tobias les fassent sortir hors de la pièce.
- Pfff, c'est pas trop tôt, je soupira en m'affalant sur l'un des fauteuils tandis que Georg et Tom rentraient dans leur portable respectifs les numéros de téléphone des fans.
- On a rien d'autre de prévu avant le concert, j'espère ? demanda Gustav à Dunja.
- Non, vos prochaines interviews sont après, avec la remise des disques de platine. »
Ca me remit du beaume au coeur. Pour la première fois depuis des années, un groupe allemand avait vendu plus de 600 000 albums en France ! La remise de nos récompenses devait se faire dans la salle juste après le concert en présence de nombreux journalistes français.
« Tant mieux ! » marmona Gustav.
Il prit son I-pod et s'allongea dans un canapé et n'en bougea pas jusqu'à ce que Tobias reviennent pour nous annoncer que l'heure du concert était arrivée. Je me leva de mon fauteuil avec l'habituelle boule au ventre. Tandis qu'on se dirigeait vers la scène, j'entendis derrière moi Tom et Georg se donner mutuellement du courage. Devant moi, Gustav faisait ses échauffements, sautillant sur place de temps à autre. A présent, on entendais distinctement les fans nous réclamer à corps et à cris. Mon frère et Georg se turent aussitôt. On nous donna guitares, baguettes et micro puis on monta sur la scène rejoignant nos places respectives derrière le gigantesque rideau. L'intro du concert commença aussitôt et les hurlements redoublèrent, étouffés par mes oreillettes. Les premières notes de Ich Brech Aus s'élevèrent aussiôt des guitares de Tom et Georg, rythmées par la batterie énergique de Gustav.

Ich geb Dir an mir Schuld,
Ce qui m'arrive, c'est de ta faute
Had das alles nie gewollt.
Je n'ai jamis voulu tout ça
Du lässt mir leider keine Wahl,
Malheureusement tu ne me laisse pas le choix
Das ist jetzt das letzte Mal,
Maintenant, c'est la dernière fois
Das letzte Mal.
La dernière fois.

Ich fühl mich,
Je me sens à l'étroit
Claustrophobisch eng.
Comme claustrophobe.
Mach platz,
Fais-moi de la place
Bevor ich mir 'n Ausweg spreng.
Avant que je casse tout
Du hälst,
Pour sortir d'ici
Mich nicht auf.
Ne me retiens pas
Ich brech aus !
Je me tire !

C'était la première fois que j'avais envie de suivre ces paroles à la lettre et de me tirer d'un concert. Je pensai à Sara et être en train de chanter pour ces fans qui l'avaient tabassées me répugnait. Le staff nous avait toujours dit de nous méfier des fans françaises : elles étaient toujours les plus hystériques. A côté d'elles, les allemandes paraissaient bien calme. Je ne pourrais calculer le nombre de fois que je m'étais fait tiré le T-shirt et même les cheveux en France. Bref, nos apparitions publiques se faisaient rarement dans le calme. On enchaina aussitôt avec Der Letzte Tag Je descendis l'un des escaliers entourant la batterie de Gustav et j'alla me placer au centre de la scène, entre Tom et Georg. Les visages des fans m'apparaissaient clairement et tous chantaient avec moi.
Quelque chose dans la foule attira mon attention. Je fixai une fille au premier rang devant l'avant-scène. Son visage m'était familier. Généralement, j'oubliais les visages des fans qui s'amassaient devant notre hôtel, à part celle que je voyais à chacune de nos venues. Tandis que je me rapprochais de Tom sous les clameurs du public, j'essayai de me rappeler où j'avais bien pu la voir. Et bientôt, le déclic : c'était l'une des filles qui étaient devant l'hôtel la veille. Elle m'avait frappée car elle avait regardé Sara se faire battre par ses deux tortionnaires sans bouger, se contentant de la considérer avec méchanceté. Mon regard ne pouvait se détacher du sien pendant que ma rage montait en moi petit à petit. D'ailleurs, elle avait remarqué que je la fixais depuis quelques instants car elle se retourna vers sa voisine et me pointa du doigt, l'air surexcité. Une idée lumineuse mais assez dangereuse pour moi me traversa l'esprit. Je me détourna de Tom et traversa la scène vers Georg. Il me jeta un regard complice comme à chaque fois que je m'arrêtais à côté de lui, le visage à demi caché derrière un rideau de cheveux. Contrairement au programme établi du concert, je me déplaça vers l'avant-scène. Du coin de l'oeil, je vis mon frère me suivre du regard avec étonnement. J'avançai lentement vers la plateforme. Autour de moi, c'était de la folie : les fans se bousculaient, s'injuriaient, pleuraient de douleur ou de joie. Des dizaines de flashs crépitaient autour de moi, m'aveuglant à moitié. Mais je persistai à marcher droit devant moi, évitant les nombreuses peluches qui jonchaient le sol. Je m'arrêtai au bord de la plate-forme et mon regard se baissa vers les filles agglutinées devant moi. Mes yeux plongèrent dans ceux de la fille. Elle tendait son numérique devant elle et me mitraillait frénétiquement, un sourire béat sur les lèvres. Je me penchai vers l'avant, ignorant les regards ahuris de Tobias et des autres vsd. Je tendis ma main aussi loin que je le pu et éffleura celle de la fille. Tout bascula : l'expression de son visage passa de l'allégresse à la douleur puis vint la terreur. Un impressionnant mouvement de foule vers l'avant comprimait les fans du premier rang qui se tordaient de douleur, la barrière métalique s'enfonçant peu à peu contre leur abdomen. Malgré la musique, j'entendis distinctement la fille pousser des gémissements de douleur, le visage baigné de larmes. Et j'en éprouvais aucun remord.

Das ist der letzte tag...
C'est le dernier jour...

Des hurlements de joie explosèrent de toutes part tandis que les dernière notes de Der Letzte Tag se répercutaient en écho dans toute la salle. Avec un sourire satisfait, je regarda la fille se faire évacuer de la fosse par Tobias. Elle avait comprit ce qu'était la douleur physique. Elle n'avait sûrement pas autant souffert que Sara mais au moins, elle comprendrait tôt ou tard les conséquences de ses actes. Je me détournai de la foule et retournai à ma place habituelle. Georg et Gustav avaient les yeux gros comme des soucoupes. Quant à Tom, il avait les sourcils froncés et me demanda d'un regard ce qui m'avait prit. On aurait le temps d'en parler après le concert mais je savais pertinament qu'il ne m'approuverait pas. Gustav donna le tempo et on enchaina avec 1000 Meere. Je vécu le reste de ce concert le coeur un peu plus léger. C'était peut-être vache de ma part mais le fait que cette fille souffre le martyre avait éteint la flamme de vengeance qui brûlait en moi depuis la veille.


Mercredi 4 février 2008 - Entre Paris et l'hôtel

« TU ES COMPLETEMENT INCONSCIENT !!! TU TE RENDS COMPTE DE CE QUI AURAIT PU T'ARRIVER ? TU AURAIS PU ETRE BLESSE ! MAIS EVIDEMENT, ÇA N'A PAS DU TE TRAVERSER LA CERVELLE !!! »
Depuis 20 minutes, le van nous ramenait à l'hôtel et depuis 20 minutes, Dunja me hurlait dessus. Elle pouvait enfin faire exploser sa rage après l'avoir contenue pendant des heures. Vu que la remise des disques de platine s'étaient faite dans notre loge aussitôt après le concert en compagnie d'une vingtaine de journalistes, elle n'avait pas pu s'exprimer librement. Elle s'était contenté d'un « on en parlera plus tard. » dès notre sortie de scène. Tom, Georg et Gustav n'avaient pas eu le temps de dire ce qu'ils pensaient eux aussi. Mais il pouvaient s'en passer : le savon de Dunja remplaçait celui d'au moins 30 personnes tant sa voix était perçante.
« A CAUSE DE TOI, 30 FILLES ONT DU ÊTRE EVACUEES EN 5 MINUTES !!! TU NE TE RENDS PAS COMPTE DU BOULOT QUE CA A DONNE AUX VIGILES !!!
- C'est la même chose à chaque concert ! m'écriais-je, arrivant enfin à en placer une parmi tous ces reproches. Ils sont habitués !
- HABITUES ?!?! répéta Dunja, totalement scandalisée. HABI...
- C'est leur lot quotidien ! l'interrompit David. Cesse donc de lui gueuler dessus, je pense qu'il a comprit qu'il avait tord... »
Le reste du voyage se fit dans une atmosphère tendue. Dunja ne cessait de me lancer des regards assassins. Mais je ne lui en voulais pas, je sais qu'elle avait dû avoir une sacrée frousse à me voir me pencher au dessus de la foule. David n'en pensait pas moins mais il était beaucoup moins expressif que Dunja. Il s'était contenté de deux ou trois réflexions. Le van s'arrêta devant le château où ne brillait que quelques fenêtres. Je prit mon sac, enfila ma veste en cuir et sortit le premier du van. J'avais besoin d'être seul après tout ça. Je montai au chateau sans avoir eu à subir d'autres reproches.


Mercredi 4 février 2008 - A l'hôtel

__PDV Sara__

Penchée sur mon ordinateur portable, je discutais sur msn avec Jasmin depuis une bonne heure. Après avoir dormi toute l'après-midi (les médicaments contre la douleur qu'on m'avait prescrit avaient pour effets secondaires de me faire somnoler), je me sentais tout à fait éveillée. Jasmin ne tarda pas à me souhaiter bonne nuit et elle se déconnecta. Vu l'heure tardive, je ne m'étonna pas de ne voir plus personne en ligne. Je ferma msn, me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire. Le château était silencieux depuis plusieurs heures déjà, le groupe n'était toujours pas revenu de Bercy. Je me demandais si Bill avait fini par pardonner au fans et s'ils s'étaient tous donné à fond pendant le show. J'ouvris un dossier et m'employa à continuer la rédaction de mon rapport de stage. Je l'avais débuté dès ma première semaine et je l'agrémentais tous les jours de détails quelconques mais que je risquais d'oublier en Juin, lorsqu'il serait temps de le rendre à mon responsable de formation. Soudain, des éclats de voix me parvinrent du couloir. Apparement, Dunja semblait s'en prendre à quelqun mais j'étais bien incapable de savoir à qui. Une porte claqua violement puis plus rien. Je me leva et ouvris : Bill était dans le couloir et semblait être en colère.
« Bill ? »
Il releva la tête et son visage s'éclaira aussitôt en me voyant.
« Salut ! Comment vas-tu ?
- Je vais bien mais toi ça n'a pas l'air d'être le cas... »
Bill regarda la porte face à la mienne où dormait Dunja.
« Allez, viens. » dis-je en le laissant entrer.
J'enleva toutes les feuilles qui jonchaient mon lit et lui fit signe de s'assoir.
« Pourquoi vous vous disputiez ? »
Bill me raconta ce qui s'était passé au début du concert. Lorsqu'il eu terminé, il me regarda avec un sourire crispé.
« Ne m'engueule pas ! Je l'ai suffisament été aujourd'hui pour toute une vie ! »
On éclata de rire.
« Elle s'est seulement inquiétée pour toi, voilà tout ! dis-je lorsqu'on eu reprit notre sérieux. Mais c'est vrai que c'était dangereux ! Qu'est-ce qui t'as prit ? »
Il se mit à mordiller sa lèvre avec nervosité. De toute évidence, il me cachait quelque chose qu'il n'osait pas me révéler.
« Il y en avait une dans le public
- Qui ça, "une" ?
- Une des filles... de l'hôtel. »
Je le fixa, ne comprenant pas.
« Mais Bill, elles ont toutes les deux été arrêtées...
- Elle était là quand ça s'est passé mais n'a rien fait ! s'écria Bill avec rage. Elle les a regardé te tabasser ! Je ne pouvais pas supporter de la voir au concert alors qu'elle t'avait fait du mal ! Il fallait qu'elle paye !
- Mais... elle aurait pu être blessée !
- Elle n'a rien, trancha Bill. On est tout de suite informé si des fans sont hospitalisés après un concert. On se débrouille pour leur faire parvenir une lettre. Si ça avait été le cas, je l'aurais su. »
Je me leva et me mis à marcher de long en large, totalement ébahi. Bill me suivit du regard, inquiet.
Il avait fait ça pour moi. La manière dont il s'y était prit était assez violente mais il avait fait ça pour moi ! N'était-ce pas une preuve qu'il m'aimait ? Aussitôt que j'eu cette pensée en tête, l'image de Marcus me vint à l'esprit. Mais après toutes les épreuves que j'avais subi, je me rendis compte que j'aimais l'homme assis dans ma chambre d'hôtel. Je ne le connaissais que depuis seulement quelques semaines mais je l'aimais. Et désormais, je savais que c'était réciproque.


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Impressions ?
La vengeance de Bill a sonné ! Que pensez-vous de son comportement ? Bien, pas bien ?
Maintenat, vous savez que Sara et Bill éprouvent les mêmes sentiements l'un pour l'autre !
Ils doivent désormais passer à l'acte mais ça, c'est une autre histoire !

# Posté le dimanche 21 décembre 2008 07:43

Modifié le mercredi 18 février 2009 08:27

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