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Kapitel siebzehn

Kapitel siebzehn
Lundi 2 février 2008 - Paris

__PDV Sara__

Biiip ________ Biiip ________ Biiip ________ Biiip ________ Biiip

Un bruit incessant et régulier me fit revenir doucement à moi. J'essaya d'ouvrir les yeux. Mes paupières étaient lourdes, comme si elles étaient en plomb. Je me concentrais de toute mes forces pour les ouvrir sans y parvenir. Des voix me parvenaient au loin.
« Mais quand est ce qu'on pourra la voir ?
- Lorsqu'elle aura repris connaissance. Je vous l'ai dit, sa vie est hors de danger, les scanners et radios n'ont montré aucune hémorragie interne. Nous allons la garder ici cette nuit, pour s'assurer que tout va bien.
- Donc elle pourra sortir demain ?
- Nous avons encore quelques examens à faire, nous verrons en fonction de son état demain si elle peut quitter l'établissement.
- Si elle va bien, on peut quand même la voir ?
- Elle est en soins intensifs pour l'instant, elle est inconsciente et à besoin de repos. On vous préviendra à son réveil. »
Mais j'étais réveillée. Je n'arrivais juste pas à bouger et à revenir dans ce monde. Je voulais ouvrir les yeux, j'essaya encore et encore jusqu'à ce que je vois un filet de lumière. C'était flou, comme dans un rêve et je dû cligner des yeux plusieurs fois pour faire le point. Je vis un visage qui m'était inconnu se pencher sur moi. C'était une infirmière.
« Bonjour, vous êtes à l'hôpital, tout va bien, restez calme. »
Je sentais mon corps, il était chaud à l'intérieur et froid à l'extérieur. Bizarre comme sensation. J'avais mal tout en étant à moitié engourdie. C'était une sensation étrange et désagréable. Je me trouvais dans une petite pièce aux murs clairs avec plusieurs plateaux médicaux autour de moi, un rideau de plastique sur un des cotés de la chambre.
« Qu'est ce qui m'est arrivé ?
- Vous vous êtes faite agressée, vous vous souvenez ? »
Oui, ça me revenait maintenant, je me souvenais de ces filles, des coups... C'était comme si tout avait basculé dans ma vie.
« Je vais prévenir le médecin de votre réveil. »
Elle sortit de la pièce puis revint quelques minutes plus tard avec un homme à la barbe proéminente. On aurait dit le Père Noël sauf q'il avait une longue blouse blanche.
« Bonjour Mlle Kreitzer, dit-il avec un sourire bienveillant.
- Bonjour.
- Comment vous sentez-vous ?
- Ca va. Enfin, je crois.
- Avez-vous mal quelque part en particulier ?
- Non.
- Bon, on va regarder un peu tout ça. »
Il retira le drap jusqu'à ma taille. Il y avait une grande pochette plastique enfermée dans du tissus couvrant ma poitrine et mon abdomen. Mes bras étaient enfermés dans des bandages serrés avec des compresses en dessous. Il retira doucement la pochette de mon torse. J'étais enflée de partout, ma peau allait du rose au rouge foncé de façon non homogène. Je n'avais jamais vu mon corps comme ça. Il commença à me palper doucement. Je n'avais pas vraiment mal à ce moment là, j'étais juste choquée. Il me demanda de m'asseoir et de respirer profondément.
« Vous pouvez vous rallonger, me dit-il après avoir remit le drap sur moi. Tout va bien.
- Est ce que je peux m'en aller maintenant ? »
- Non, vous allez passer la nuit en observation ici. On verra demain pour une sortie éventuelle.
- Je peux voir le groupe ? »
Il se mit à réfléchir.
« Juste une personne et cinq minutes maximum.
- Merci ! Vous pouvez demander à Bill de venir s'il vous plaît ? »
Il sortit de la pièce et bientôt Bill me rejoignit. Il entra dans ma chambre en me faisant un sourire forcé et vint doucement vers mon lit. Ses yeux n'était pas maquillés, ça faisait longtemps que je ne l'avais plus vu au naturel. Lorsqu'il vint plus près, je m'aperçu qu'il avait les yeux rouges et enflés comme s'il avait pleuré.
« Est ce que ça va ? demanda-t-il avec une petite voix.
- Je ne sais pas trop, je pense que oui. Je ne sens pas grand chose en fait. Mais ça n'a pas l'air très joli là dessous... »
Je regarda le drap qui couvrait mon corps.
« Le médecin a dit que tu avais beaucoup d'ecchymoses un peu partout, mais qu'étant donné ce qui c'est passé, c'est une chance que tu n'aies rien eu de plus grave. »
Il prit une chaise et s'assit à coté de moi. Il me prit la main doucement et restait silencieux, j'avais l'impression qu'il retenait ses larmes. Ca me rendait triste de le voir comme ça, ce que j'aimais chez lui, avant tout le reste, c'était son sourire. Lorsqu'il illuminait son visage, c'était plus fort que moi, quelque soit la situation, je me sentais bien. Bill, c'est quelqu'un de vrai, de spontané, pas comme tous ces gens qui suivent la masse, et ça le rend très précieux à mes yeux. Il a fallu que je risque de me faire tuer pour enfin accepter mes sentiments à son égard.
« J'ai vraiment eu très peur pour toi, murmura-t-il.
- Moi aussi.
- J'ai vu ce qui s'est passé de ma fenêtre de chambre, j'ai appelé Tobias mais il ne m'entendait pas à cause des cris. Et tout d'un coup, tu as disparu... »
Sa voix se brisa sur ce dernier mot. Je serra sa main un plus fort.
« Je vais bien, je n'ai rien. » lui dis-je alors que des larmes coulaient le long de ses joues.
Il hocha la tête puis se moucha.
« Tu devrais partir maintenant...
- Je reste avec toi !
- Mais le concert ?
- Ils ont été annulé.
- Les deux ?
- Oui.
- Mais vous êtes fous ! Et vos fans ?
- Je m'en fiche, elles le méritent !
- Dis pas ça...
- C'est à cause d'elles que tu est ici !
- Je sais mais...
- David leur a déjà annoncé que tout était annulé. »
J'hallucine : ils avaient annulé pour moi.
« Vous êtes complètement fous ! C'est le pays où vous vendez le plus d'album après l'Allemagne !
- La France, ce n'est pas que Paris ! On a encore 3 autres dates dans le pays !
- Faites celui de demain ! insistais-je. Montrez à vos fans que vous ne pensez pas qu'elles sont toutes des sauvages ! Et reportez celui de ce soir un autre jour ! Elles vont être très déçues ! »
Il éclata de rire sans que je comprenne la raison.
« Gustav m'a dit la même chose tout à l'heure !
- Il a raison ! Tu vois, je vais bien, je pourrai peut-être sortir demain ! Alors faites ce concert demain ! »
Bill me regarda longuement avec un sourire. Pas ce sourire faux qu'il placardait sur ses lèvres à chacune de ses apparaitions publiques. Non, un sourire naturel beaucoup plus beau. La porte s'ouvrit une nouvelle fois et l'infirmière passa la tête par l'entrebaillement.
« Elle a besoin de dormir, dit-elle dans un allemand approximatif.
- Ok, répondit Bill en se levant. Appelle-moi si tu as un coup de cafard, à n'importe quelle heure.
- Merci, Bill, c'est adorable. »
Il se pencha vers moi et me déposa un baiser sur la joue avant de sortir de la pièce. Je me retrouvais donc seule, dans cet endroit terne, immobilisée avec pour seule compagnie mes pensées. Je n'aimais pas ça. Je décida d'allumer la télévision pour voir s'il y avait un programme d'intéressant. Je levai mon bras avec précaution, les bandages étaient serrés et j'attrapai la télécommande non loin de moi. La télé montra aussitôt une blonde pulpeuse dans un jeu débile sur TF1. Je zappa. Sur la troisième chaine, je trouva enfin quelque chose d'intéressant. Dans les actualités régionales, ils parlaient du groupe.
« C'est le désepoir chez les fans de Tokio Hotel présentes à Bercy alors que le concert vient d'être annulé. La cause n'a pas été dévoilée mais ceci doit être mis en lien avec un autre évènement survenu quelques heures plus tôt. Cet après-midi, devant le Park Hyatt où séjourne le groupe allemand, une membre du staff a été agressée par des fans qui attendaient les stars depuis le matin. La jeune femme, Sara Kreitzer, a été hospitalisé. On ne connait pas son état de santé. Quoi qu'il en soit, les agresseurs, agées de 14 à 16 ans ont été appréhendées par la police et ont été mis en garde à vue. Cet évènement à provoqué la colère des autres fans de Tokio Hotel :
"Elles s'en sont pris à elles parce qu'elle est soi-disant avec Bill !
s'écria une jeune femme qui devait avoir mon âge. Il faut qu'elles comprennent que le groupe a une vie privée et qu'il ne leur appartient pas !
- On est de tout coeur avec elle ! lança une autre fille. On espère qu'elle va s'en sortir et que le groupe va maintenir le concert de demain ! On vous aime !"
Et maintenant, passons à l'actualité économique avec notre consultant... »

J'éteignis. J'en avais suffisament entendu pour la journée. Je regarda par la fenêtre. La nuit était tombée et je voyais la Tour Eiffel scintiller. Je m'endormis aussitôt, plongeant dans un sommeil sans rêves.

« Mlle Kretizer ? »
Une voix que je ne connaissais pas me réveilla en sursaut. Je fus surprise de voir le soleil à travers la fenêtre, ses rayons matinaux m'éblouissant le visage : j'avais dormi d'une traite toute la nuit.
« Oh, excusez-moi je vous réveille ! me dit un jeune policier debout devant la porte.
- Ce n'est pas grave, répondis-je en me redressant précipitament.
- Je suis venu pour que vous déposiez votre déposition et aussi vous demander si vous souhaitiez porter plainte.
- Ca va de soit que la réponse est "oui", non ?
- Oui... Pardon, c'était stupide comme question.... »
Il devint rouge écarlate, me faisant regretté d'avoir été plus brutale que je ne le voulais.
« C'est à moi de m'excuser. Il faut donc que je vous raconte tout ce qui s'est passé ?
- Oui, s'il vous plait. »
Il sortit de sa poche un dictaphone qu'il alluma avant de le poser sur mon lit. Je lui raconta tout : de l'altercation aux coups. Le type m'écoutait d'un air grave.
« Merci, dit-il en reprenant son matériel. Votre plainte sera enregistrée, inutile de vous déplacer jusqu'au commissariat.
- Vous les avez retrouvées ?
- En partie mais ce ne sera pas difficile de retrouver les autres...
- Et pourquoi ça ?
- Votre agression a été filmée par plusieurs personnes et sous plusieurs angles. Ces vidéos sont sur déjà sur Internet. »
Je reposa ma tête sur l'oreiller en mordillant ma lèvre. Ca me faisait froid dans le dos d'imaginer que des gens pouvaient me voir ainsi et j'espérai ne jamais tomber sur une de ces vidéos.
« Voilà, je vais vous laisser, dit-il en se levant. Le médecin veut vous voir je crois. »
On se serra la main puis il disparu dans le couloir. Le médecin ne tarda pas à me rejoindre. Il m'osculta longuement puis il m'autorisa à partir à l'heure du déjeuner. Il se chargea d'appeler Tobias afin qu'il puisse venir me chercher. Lorsque je sortis de mon lit pour revêtir mes vêtements après que l'infirmière m'ait remis les compresses et bandages, j'avais encore du mal à bouger, chacun de mes gestes étant lent et mesuré.

« Salut, Sara ! s'écria Tobias quelques heures plus tard alors que je l'attendais toute habillée assise dans mon lit. Comment vas-tu ma belle ?
- Ca va !
- Tu nous as fait une de ses peurs ! Si je tenais une de ses petites connes...
- Merci de m'avoir tiré de là, sans toi je ne sais pas si...
- Attend, tu ne crois pas tout de même pas que je t'aurais laissée entre les mains de ses bêtes furieuses ? »
J'éclata de rire. Ca faisait du bien de rigoler après toutes ces émotions. Tobias m'entraina jusqu'à un van noir. Bientôt on sortit du parking de l'hopital puis Tobias prit le périph' bondé à cette heure matinale.
« On ne va pas à l'hôtel ? demandais-je alors qu'on dépassait un panneau avec Paris barré dessus.
- On a décidé de quitter cet hôtel avec un commun accord avec le groupe et le staff.
- A causes des fans ?
- Oui. David a réussi à nous dégotter un hôtel dans un village de banlieue. Il n'y a que le groupe, David, Dunja et le reste de la sécurité qui y logent, on a pas pu trouver de places pour les gars qui s'occupent de monter la scène. Ils sont dans un hôtel près de Bercy.
- Mais les fans ne savent pas où vous êtes ?
- Non, ne t'inquiète pas. Quand tu as été évacué par les secours, la police a bloquer le quartier et aucune fan n'y était autorisé. On a pû partir tranquillement hier soir vers 21 heures... »
Pendant 1 bonne heure on traversa des champs plongés dans la brume jusqu'à ce qu'on arrive à un petit village calme et rassurant. Rien ne laissait présager que Paris n'était qu'à 50 km de là. La voiture traversa le village jusqu'à une immense propriété où s' élevait en son centre un petit chateau typique du XVIIème sièce. Juste avant qu'on franchisse le portail, je pû voir un panneau annonçant fièrement plus de 50 chambres d'hôtes.
Tobias gara le van à côté du tour-bus du groupe et on descendit. L'air était un mélange d'herbe fraichement coupée et de terre humide.Cette fragance m'appaisa, me rappelant les étés passés à la campagne. Tobias m'entraina jusqu'à l'intérieur. Les murs boisés étaient décorés de portraits datant d'au moins deux cents ans. Tobias poussa une porte surle côté et il me laissa pénétrer dans un gigantesque salon au haut plafond. A l'autre bout de la salle, le groupe, Dunja et David étaient en train de déjeuner.
« Sara ! s'écrièrent Bill et Georg à l'unisson en me voyant arriver.
- Comment te sens-tu ? demanda David lorsqu'il me tira une chaise entre lui et Tom.
- Ca va, merci.
- Tu as mangé ? demanda Georg.
- Oui mais pour être honnète, c'était pas terrible. »
Tom me versa de l'eau tandis que Georg me servait en patates et poisson. Bill ne cessait de me demander si ça allait et Gustav m'avait proposé delui montrer ma chambre si jamais j'étais fatiguée. Ils étaient tous les quatre à mes petits soins et c'était adorable. Ils étaient lon des stars arrogantes et prétentieuses que je pensais qu'ils étaient avant de les connaitre. Mais bon, à trop s'inquiéter pour moi, ils en étaient relous.
« Finalement, vous vous êtes décidés pour ce soir ? demandais-je alors qu'on prenait le café.
- On en a discuté une partie de la nuit et on s'est dit que tu avais raison, répondit Bill. Toutes les fans ne sont pas comme celles d'hier. On se doit au moins de faire un concert.
- On dirait que ça ne te branche pas du tout de jouer ce soir.
- Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais annulé. Mais disons qu'ils ont été très persuasifs. »
Il jeta un regard à Tom, Georg et Gustav.
« Quoi qu'il en soit, ce concert se fera, lança David en se levant. Et si vous ne voulez pas être en retard pour les balances, ça serait bien que vous vous dépéchiez de finir de manger. Sara, je te dispense de venir à la salle pour tes photos, vaut mieux que tu te reposes.
- Non, mais je...
- Ce n'est pas une demande mais un ordre de ton médecin, m'interrompit David avec un sourire. Tu dois te ménager pendant 2 ou 3 jours.
- Mais qui va faire des photos ?
- Si on a pas de photos d'un concert, ce n'est pas bien grave, me rassura Dunja.
- Ta chambre est au premier, on y a déposé toutes tes affaires, me dit Tobias alors qu'ils sortaient tous dehors. On sera de retour ce soir vers 22 heures. Bonne journée. Et prend soin de toi. »
Je me traina jusqu'à ma chambre et essayai de voir le coté positif d'être tranquille toute seule, toute l'après-midi. Mes affaires avaient été montées dans la chambre comme ils le faisait habituellement avec le groupe. J'entreprit d'appeler mes parents pour leur informer que j'avais eu un petit pépin mais je me gardais bien de leur raconter tous les détails. Puis je prit les médicament que m'avais prescrit le médecin puis je m'allongea sur le lit et alluma mon Mac. Je réussi un capter un réseau Wi-Fi puis envoya des mails à Marcus ainsi qu'à mes amis. Puis, ne sachant que faire, je regarda tous mes clichés prit depuis le début de la tournée. Tout était si calme et silencieux, mes paupières se faisaient de plus en plus lourdes...


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Impressions ?
J'ai adoré vous voir flippé pour Sara sur le chapitre précédent ! Oui, je sais je suis une vraie sadique !
Bill en veut encore aux fans, peut-être changera-t-il d'avis après le concert parisien !

Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de Noël !

# Posté le samedi 20 décembre 2008 18:03

Modifié le mercredi 18 février 2009 08:27

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